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Introduction

Visigothic

Mozarabe

Eremitorios

Altoaragonés

Miniatura


 Fase II: L'Art Asturien

  1. INTRODUCTION

  2. "Il établit à Oviedo Cruz de la Victoria. Cámara Santa, Oviedotout l'ordre des goths, disposant de toutes choses, autant pour l'église que pour le palais, comme on l'avait observé à Tolède". À notre avis, cette phrase du "Cronicón" Albeldense sur Alphonse II le Chaste, qui régna en Asturies pendant 51 ans (791-842) au début de la Reconquête, a sur l'histoire de l'Espagne une transcendance beaucoup plus importante que celle qu'on lui a attribuée jusqu'à présent.

    Il est important de considérer que, pendant la monarchie visigothe, les habitants de la péninsule ibérique avaient, pour la première fois, cessé de dépendre d'une puissance extèrieure, qu'en plus, on avait obtenu l'unification de tout le territoire péninsulaire et que, depuis la conversion de Recaredo au christianisme, il existait un bon niveau d'intégration sociale et religieuse même s'il y avait beaucoup de problèmes sur le plan politique. Tout ce que nous connaissons sur les nouveaux règnes chrétiens nous indique que leur objectif, surtout dans le cas du règne asturien qui surgit dans les Picos de Europa à partir de la bataille - ou plutôt échauffourée- de Convadonga, était la reconstruction de cette monarchie visigothe, ce qui signifiait se libérer de la nouvelle dépendance d'un peuple étranger, et la récupération de tous leurs territoires. À la longue, le succès fut évident, à tel point que , si nous comparons la carte de l'Espagne Visigothe à la fin du VIIème siècle et celle de l'Espagne de Felipe II, au moment de la plus grande apogée de l'Empire Espagnol après neuf siècles de reconstruction, nous nous rendons compte qu'elles sont pratiquement identiques. Dans les deux cas, le territoire était formé par toute la péninsule ibérique et une partie presque identique du sud de la France.

    Au moment de l'invasion arabe, les hispano-romains, habitués à vivre sous la domination étrangère pendant presque 1000 ans, s'adaptèrent sans trop de problèmes à la nouvelle situation vu Covadonga. Cueva de la Virgenque les arabes firent preuve d'une grande tolérance, mais une partie importante des goths put s'échapper et se réfugier dans les montagnes du nord, formant ainsi, avec la collaboration des peuples autochtones qui avaient toujours démontré leur esprit d'indépendance face aux divers conquérants de la péninsule, deux noyaux de résistance, l'un en Asturies et l'autre en Cantabrique - dans les deux cas, dirigés par la noblesse visigothe - qui fusionnèrent immédiatement par des alliances matrimoniales et créèrent la monarchie asturienne. Cette monarchie se définit depuis le début comme une continuation de la visigothe et, dans les premiers temps, elle fut aussi élective, intronisant toujours pour rois des descendants de familles royales visigothes, selon une généalogie pas toujours démontrée. Dans le même but, elle fit aussi tout son possible, comme il est dit dans le "Cronicón", pour rétablir les structures sociales, religieuses et administratives existantes dans le règne visigoth disparu; par exemple, on maintint le même mode de répartition des terres reconquises et sans propriétaire, ce qui eut une influence très significative sur l'organisation sociale et politique espagnole dans les siècles postérieurs. Il sera fondamental de tenir compte de cette vocation de continuité qui fut la base de la monarchie asturienne, au moment d'analyser les caractéristiques de l'art qui se développa pendant les deux premiers siècles de la Reconquête.

    Pendant ce processus continu de "Reconquête", c'est à dire de récupération de tous les territoires perdus pendant l'invasion arabe, on assimile l'Art Préroman Asturien à l'ensemble San Salvador de Priesca. Detalle del ábside centraldes manifestations artistiques qui se produisirent entre l'an 722, date non confirmée de la bataille de Covadonga, et 910, année où, à la mort d'Alfonso III le Grand, son fils Ordoño II transporta la cour à Léon. À cette date, un nouveau courant artistique est déjà apparu, appelé "Art Mozarabe", produit par les chrétiens qui, habitant jusqu'alors en territoire arabe, commencèrent à émigrer aux zones reconquises, apportant avec eux, en plus d'un esprit visigoth rénové qu'ils avaient maintenu pendant les deux cents ans de domination, un bagage important de nouvelles connaissances artistiques et techniques apprises à Al-Andalus.

    Au cours de ces deux siècles, le petit royaume qui n'occupait que la partie la plus accidentée des Picos de Europa s'étendit peu à peu, d'abord à travers toutes les Asturies et la Cantabrique, puis en Galice, qui eut une grande importance à partir de l'"invention" du sépulcre de l'Apôtre Santiago et le commencement de la légende de "Santiago Matamoros" et des pélerinages à Compostela, et finalement au Portugal, à Léon, au Pays Basque espagnol et en Castille, jusqu'à occuper pratiquement tous les territoires au nord du Duero. En même temps sa capitale, et donc ses nouvelles constructions religieuses et civiles, furent transférées de Cangas de Onis, d'abord à Pravia puis à Oviedo, planifiée et construite à l'image de la Tolède "aulique", et finalement à León quand Oviedo fut trop éloignée et peu accessible pour le contrôle et la défense des nouveaux territoires.  

  3. PRÉMISSES DE BASE

  4. Parmi les difficultés qui, comme nous l'avons déjà commenté, apparaissent lors de l'étude et du catalogage de presque tous les monuments préromans San Julián de los Prados. Oviedoespagnols, on a généralement accepté, dans le cas de l'Art Asturien, trois prémisses qui permettent, peut-être d'une façon excessivement simpliste, de définir une construction comme incluse dans cette phase:

    1. Du point de vue historique. Seuls sont considérés les édifices construits entre l'an 722, date de la bataille de Covadonga, et le transfert de la cour à Léon en 910.

    2. Du point de vue géographique. Seuls sont considérés les édifices situés dans les limites des territoires repeuplés avant l'année 910.

    3. Du point de vue de la structure. Seuls sont considérés comme architecture asturienne les édifices qui ne renferment pas d'arcs en fer à cheval comme élément structural. Les édifices de cette époque qui les utilisent sont considérés comme mozarabes.

  5. CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES

  6. Lors de l'analyse des caractéristiques générales de l'art asturien, il faut faire une très nette division entre deux styles tout à fait différents: les trois constructions de la période "ramirense", reproduites en partie a San Salvador de Valdediós, que nous étudierons à part, et le reste des manifestations artistiques de cette phase.

    Dans ces dernières, nous pouvons considérer que l'art asturien est un pas en arrière par rapport au dernier art visigoth, aussi bien par la faible audace de ses structures que par sa qualité de construction et sa décoration sculptée. Ce n'est que dans l'esthétique extérieure des édifices que nous pouvons voir un progrès très intéressant par rapport aux constructions antérieures à l'année 711.

    • L'arc en fer à cheval disparaît complètement, étant remplacé par une arcature en plein cintre. Ce genre d'arc est aussi très souvent utilisé sur des portes á linteau comme élément de décharge.

    • Les murs sont en maçonnerie ou en petites pierres,Santa Marí a de Bendones. Cabecera alors que dans les constructions visigothes, ils étaient généralement en grandes pierres de taille disposées en boutisses et parpaings alternés. La présence de contreforts extèrieurs est habituelle, parfois pour des raisons de décoration quand ils ne correspondent pas au support de voûtes.

    • Les églises ont un plan basilical, avec trois nefs, trois absides rectangulaires et une tribune surélevée á la base. Il existe généralement une pièce secrète sur l'abside centrale, ainsi qu'un portique à l'entrée et un petit compartiment de chaque côté.

    • Les colonnes disparaissent dans la séparation des nefs. Elles sont substituées par des piliers quadrangulaires beaucoup plus lourds. C'est pour cela que des impostes se substituent aux chapiteaux, sauf aux chevets.

    • La couverture des édifices est plane, en bois, sauf aux chevets qui ont toujours un plan rectangulaire et sont couverts de voûtes en berceau.

    • La décoration sculptée se réduit aux jalousies des fenêtres et, surtout, aux chevets qui sont parfois décorés d'arcatures aveugles sur des colonnes adossées au mur, mais on utilise une décoration picturale très riche dans tout l'édifice.

    • L'architecture extérieure des églises est très soignée, avec une nette différence de hauteur entre les nefs latérales et la nef centrale, celle-ci avec des jalousies sur les fenêtres latérales, trois fenêtres dans les absides et une autre, normalement avec deux ou trois arcs sur de petites colonnes et des châpiteaux, dans la pièce située au-dessus de l'abside centrale. Le portique à l'antrée et parfois aussi sur les côtés, est normalement d'une grande beauté et apparaît très clairement comme un précurseur de l'art roman.

    • D'après l'analyse de Schlunk, tous les murs, aussi bien extérieurs qu' intérieurs, étaient recouverts d'un crépi qui, à l'extérieur, était lisse sur les petites pierres de taille, et avec des dessins imitant un découpage dans les zones construites en pierres de taille, alors qu'à l'intérieur il était enduit et décoré de peintures.

    On peut considérer que, dès la construction la plus ancienne, celle de Santianes de Pravia, quelques-unes des caractéristiques indiquées se manifestent déjà. Vu l'isolement Ejemplo de arquería de medio punto en las Termas Romanas de Campo Valdésdu royaume asturien au moment de sa construction - entre 774 et 783 - il semble plus raisonnable de penser que la tradition hispanique fut beaucoup plus significative que les influences extérieures dans l'élaboration du style asturien.

    En fait, comme nous l'avons vu, nous pouvons trouver, dans la phase antérieure, des antécédents de presque toutes les caractéristiques signalées: plans basilicaux avec trois nefs et trois absides - Son Bou, San Juan de Baños, Santa Lucía del Trampal -, portique à l'antrée et sur les cotés - San Pedro de Alcántara, San Pedro de la Nave, Quintanilla de las Viñas, etc. -, piéces au-dessus de l'abside centrale Santa Comba de Bande, San Pedro de la Mata, San Pedro de la Nave, etc. -, tribune élevée sur l'antrée de l'église - San Giao de Nazaré, Quintanilla -, utilisation de piliers à la place des colonnes - San Pedro de Alcántara, San Pedro de la Nave, etc, - et même l'utilisation de la maçonnerie et des pierres de taille fut aussi très habituelle avant les églises cruciformes.

    Le thème le plus conflictuel, bien qu 'il soit une des principales caractéristiques de l'art de cette phase, est l'utilisation de l'arc classique en plein cintre qui substitue l'arc en fer à cheval si caractéristique de l'art visigoth. Jusqu'à présent, aucune explication satisfaisante n'avait été donnée sur les raisons de ce changement, considérant que le plus probable serait qu'il fut motivé par l'influence de l'art carolingien. Mais cette théorie semble peu credible pour plusieurs raisons: d'un côté, l'évidence de l'esprit de continuité de la monarchie visigothe au cours du règne asturien, qui s'est reflété de façon très significative dans toutes ses manifestations culturelles, aussi bien en architecture qu'en sculpture, orfèvrerie et miniature. Ventana con arco de herradura en Santianes de PraviaD'un autre côté, il nous est difficile de croire que ce changement fut motivé par des traditions architecturales ou des influences artistiques venues de l'extérieur dans une région qui est pratiquement restée isolée, au moins pendant les premiers temps de la Reconquête. Ce n'est qu'à partir des dernières années, où apparaissent peu à peu les vestiges d'importantes constructions romanes dans la Principauté, comme Veranes, la station balnéaire de Las Regueras ou les thermes de Campo Valdés entre autres, qu'il commence à paraître plus probable que les raisons aient été,entre autres, l'utilisation de modèles classiques antérieurs existants dans la région.

    Cette phase se divise en quatre périodes parfaitement différenciées, dont les trois dernières correspondent à l'impulsion personnelle de trois des rois les plus importants, au moins d'un point de vue culturel, de la monarchie asturienne:

  7. ANALYSE DE LA STRUCTURE DES ÉGLISES ASTURIENNES

  8. À partir de là, il nous semble nécessaire d'analyser plus profondément une circonstance très spéciale de l'Art Préroman Asturien et dont nous avons déjà parlé antérieurement. La principale caractéristique du développement artistique dans toute la péninsule au long d'une période de plus de six siècles, Comparativa entre la planta del templo tosacano de Vitruvio y la de Santullano según Sánchez-Montaña comprise entre les dernières constructions de l'Empire Romain et l'apparition des premières édifications romanes, fut la liberté dont jouissaient les constructeurs hispanistes pendant les phases visigothes et mozarabes dans l'utilisation de toutes les techniques qu'ils connaissaient, sur différents types et qualités de construction, pour édifier des églises aux plans et formes de couverture les plus variés, ce qui donnait lieu à un art des plus éclectiques. Cependant, il se produit le contraire dans l'art asturien, sauf dans la période ramirense. En effet, si nous faisons une analyse comparative des trois églises du règne d'Alfonso II - San Julián de los Prados, Santa María de Bendones et San Pedro de Nora - et les quatre d'Alfonso III - Santiago de Gobiendes, San Adriano de Tuñón, San Salvador de Valdediós y San Salvador de Priesca -, qui nous sont parvenues, nous trouvons un ensemble important de similitudes qui démontrent l'existence d'une normalisation, aussi bien dans la forme des églises que dans les méthodes de construction, que nous essaierons de résumer par la suite.

    Du point de vue de leur structure, elles ont toutes un plan basilical à trois nefs séparées par des séries d'arcs en plein cintre sur piliers carrés, elles ont toutes une couverture plane sauf celle deValdediós qui, dans ce cas est voûtée, à cause de l'influence clairement ramirense, toutes ont des fenêtres dans la nef centrale sur les toits des latérales, elles disposent de trois absides voûtées de plan rectangulaire, de petits compartiments sur les côtés, généralement dans la partie la plus proche du chevet, et dans presque tous les cas d'un triple portique avec une tribune dans le plan supérieur. Du point de vue de la décoration, l'ensemble est aussi très homogène. Contrairement à la période ramirense, très riche en décoration sculptée qui était intégrée dans tout l'édifice, Comparativa entre la planta del templo tosacano de Vitruvio y las de San Salvador y San Tirso de Oviedo según Sánchez-Montaña , celle-ci est très limitée dans ces églises - peu ou très peu selon les cas - et située exclusivement aux environs du chevet. Cependant dans la plupart d'entre elles, il y a des restes de peinture, en général de claire ascendance romaine.

    Le besoin d'envisager la possibilité que l'influence de l'art romain dans ces deux phases de l'asturien ait été plus importante qu'on ne le pensait jusqu'aux dernières découvertes de constructions romaines dans la région est évident. De nos jours, personne ne doûte que leurs architectes aient eu beaucoup d'exemples dans les édifices de cette époque, vraisemblablement beaucoup plus que dans l'èpoque visigothe. Il parait sûr aussi qu'un modèle d'église fut dessiné et respecté pendant les règnes des deux Alfonsos et il se peut que cette rigidité du modèle fut ce qui provoqua l'extinction d'un art conditionné par un développement si normalisé. Il est donc évident que c'est dans l'art romain que nous pouvons trouver les antécédents de toutes leurs principales caractéristiques: les plans basilicaux, les arcs en plein cintre sur piliers et la décoration picturale, ce qui nous semble beaucoup plus plausible que l'existence d'influences externes significatives.

    Á ce sujet, C. Sanchez-Montaña a étudié les similitudes entre le plan des monuments asturiens et celui du temple toscan définit par Vitruvio dans son "De Architectura", dont on sait qu'il existait quelques exemplaires dans le nord-est espagnol qui auraient été connus à cette époque, et envisage la possibilité que quelques églises galliciennes et asturiennes, parmi lesquelles se détache celle de San Julián de los Prados, aient été construites sur les fondations d'un temple romain de ce genre, comme nous pouvons le voir à San Xao de Lugo avant la destruction de ses fondations. D'après nous, il nous paraît difficile de croire que les édifices asturiens aient été construits habituellement sur des temples romains antérieurs, mais il parait raisonnable de penser qu'à l'époque d'Alfonso II, un modèle d'église ait été défini, inspiré sur le temple toscan que décrit Vitrubio, auquel s'ajuste non seulement les sept édifices mentionnés mais aussi au moins deux autres églises d'Oviedo dont nous pouvons connaître les plans, bien qu'ils n'aient pas été conservés - la cathédrale de San Salvador et San Tirso - comme nous pouvons l'observer dans les schémas de Sanchez-Montaña ci-joints. Pour plus d'information consulter: http://www.celtiberia.net/articulo.asp?id=1319)

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Última actualización: 28-10-2009
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