Selon toutes les chroniques de l'époque, Ramiro I ordonna la construction de cette église, située à 300 pas du palais appelé aujourd'hui Santa María, comme partie de la résidence de repos qu'il créa sur le flanc du mont Naranco. Toutes ses caractéristiques indiquent qu'il la commanda au même architecte et que celui-ci utilisa la même équipe. Si, comme nous l'avons déjà indiqué, tout l'art "ramirense" nous apparait comme une coupure presque totale avec l'art asturien antérieur, San Miguel de Lillo en est la preuve la plus évidente. Il s'agissait d'une église avec un plan de basilique, de 15,85m de long sur 10,05 de large, et qui atteignait 11m de haut dans la nef centrale, avec trois nefs, trois absides carrées de même profondeur mais la centrale plus large que les latérales, deux compartiments, chacun de part et d'autre du transept, et avec un portique intérieur supportant une tribune à laquelle on accède par deux escaliers, chacun situé dans un compartiment latéral du portique. Jusque-là, elle ne nous parait pas si "différente" mais analysons maintenant sa structure.
Alors que le triple chevet était déjà habituel dans l'art asturien, sa structure générale se rapproche davantage de certaines églises cruciformes visigothes, avec trois nefs voûtées et sans séparation
entre elles et le chevet comme à San Pedro de la Nave ou
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| Quintanilla de las Viñas, et avec une tribune sur un portique intérieur dont nous avons déjà parlé pour Quintanilla et San Giao de Nazaré. Contrairement à la période antérieure, il existe une très riche décoration sculpturale développée dans cet édifice, une grande partie sur des éléments structuraux, comme à Santa María del Naranco, ce qui prouve que San Miguel fut construit aussi d'après un plan préalable parfaitement défini. Il est important de souligner que les qualités de l'architecte de Ramiro I sont si exceptionnelles que, dans la période suivante, toutes les caractéristiques signalées se perdirent, sauf dans le cas de San Salvador de Valdediós où, bien que revenant à l'utilisation de piliers, une relation semblable se maintint entre la hauteur et la largeur de la nef centrale, provoquant une sensation de verticalité mais dans un ensemble beaucoup plus "pesant". Extèrieurement, son étude de volumes était très complexe étant donné les contreforts et les différentes hauteurs du portique, la nef centrale et les deux types de nefs latérales. La décoration sculptée à San Miguel de Lillo, a autant d'importance que celle que nous avons vu à Santa María del Naranco. Les colonnes de la nef étaient lisses, sur des bases carrées décorées de figures humaines dans des arcs et avec des châpiteaux de forme pyramidale qui renfermaient des reliefs de type byzantin ou d'ascendance hispanique. Celles de la haute tribune étaient décorées de stries, avec une imposte carrée au lieu de châpiteau et les arcs de la tribune étaient entourés d'ovales en pierre cordés sur les bords et une décoration intérieure à base de roues et de soleils qui rappelle beaucoup l'art visigoth. Encore plus intéressants sont les jambages de la porte d'entrée, qui contiennent des scènes de figures humaines, copiées, semble t-il, d'un dyptique consulaire dont on conserve une copie au musée de Léningrad. En nous appuyant sur toutes ces données, nous pouvons nous faire une idée de la valeur que pouvait avoir la décoration de la partie disparue de cette église, surtout au chevet où on a trouvé quelques vestiges, entre autres l'autel, transporté plus tard à Santa María del Naranco et aujourd'hui au Musée d'Oviedo, avec une décoration de grande valeur formant une frise de rinceaux. Il est important de souligner que la figure humaine apparait ici sculptée pour la première fois dans l'art asturien et que ses dernières représentations antérieures se trouvent dans des monuments anciens de deux siècles comme San Pedro de la Nave ou Quintanilla de las Viñas. Comme nous l'avons déjà indiqué, il semble que toute la décoration ait été sculptée dans un même atelier, le même qui décora Santa María, avec la |
| même technique qui modifiait celle en biseau à deux plans, visigothe, et qui arrondissait les volumes, obtenant ainsi un effet beaucoup plus doux et réaliste, avec des motifs d'influences très différentes comme la byzantine, l'orientale, l'irlandaise et l'hispanique. Quelques indices de peintures murales sont aussi conservés, dans lesquels nous pouvons distinguer deux types très différents: L'un semblable à ceux des voûtes des absides de San Julián de los Prados et l'autre avec des figures humaines, qui apparaissent aussi pour la première fois dans l'art asturien et qui ont une grande relation avec la miniature appelée "mozarabe". Comme à Santa María del Naranco, nous nous trouvons face à l'oeuvre d'un architecte génial qui sut réunir les techniques constructives et artistiques connues jusqu'alors pour créer des constructions tout à fait inhabituelles à ce moment-là, avec une planification préalable et développée par une équipe démontrant une maîtrise exceptionnelle. En fait, ces palais du Mont Naranco constituent une des zones les plus importantes de tout l'art préroman européen, et les solutions utilisées dans ces deux monuments devançaient tellement leur époque que, dans la période suivante, il fut même impossible de les imiter. Pour retrouver des constructions de structure semblable, il faut attendre le commencement de l'art roman, cent ans et quelques plus tard.
AUTRE INFORMATION D'INTERÊT Moyen d'accès: SPartir du centre d'Oviedo et monter au mont Naranco par Padre Vinjoy, Hermanos Menéndez Pidal, Teniente Coronel Tejeiro y Ramiro I, de la Plaza de Paz, et suivre les indications. Téléphone d'information: 676032087 et 985295685. Horaire des visites:Du 1 avril au 30 septembre, de mardi à samedi, de 9,30 à 13.00h et de 15.30 à 19.00h. Lundi et dimanche, de 9.30 à 13.00h. Tarif: Général:1€. Réduit: 0,50 € (enfants entre 8 et 14 ans). Gratuit: lundi et enfants de moins de 8 ans. Services: Visite guidée.
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