Le roi Silo(774-783), époux d'Adosinda, soeur de Froila I, mort prématurément quand son fils Alfonso était encore trop jeune pour lui succéder, fut proclamé roi malgré l'opposition d'une partie importante de la cour de Cangas de Onis. Peut-être pour cette raison et aussi parce-qu'il convenait de centrer davantage la capitale dans le territoire du royaume qui comprenait déjà la Galice, il transféra la cour à Pravia, l'ancienne Flavium Avia romaine, où il fit construire un palais et, à l'intérieur, une église en l'honneur de l'Apôtre et Evangéliste San Juan, et qui semble avoir aussi été utilisée comme panthéon royal.
De cette église, signée d'un curieux acrostiche détruit en 1662, où la phrase "SILO PRINCEPS FECIT" pouvait être lue de plusieurs façons différentes, Le résultat actuel, après tant de transformations, nous présente une église de plan basilical composée de trois nefs, la nef centrale deux fois plus large que les nefs latérales dont elle est séparée par des arcatures de trois arcs en plein cintre appareillés en brique sur des piliers de section carrée, avec un transept un peu plus large que les nefs, divisé aussi en trois sections séparées par de grands arcs en plein cintre, les trois absides de plan rectangulaire qui furent construites au XVIIème siècle, En effet, alors que Carvallo nous décrivait un chevet tripartite mais avec les | |||||
| suite à la nef centrale, et un portique, utilisé comme mausolée, un peu moins large que la nef centrale. D' autre part, toute l' église était couverte d'une toiture de bois sauf l' abside qui, d' après les dernières excavations, paraissait recouverte d' une voûte de toba. Il faut aussi prendre en considération que Mais encore plus surprenante est la présence, au pied Comme nous l'avons dit antérieurement et partant du fait qu'autant l'acrostiche L'abside semicirculaire surhaussée ressemble énormément, non seulement par sa forme mais aussi par la présence de contreforts extèrieurs, à l'abside de la basilique de Veranes, à moins de 50 kms de Pravia et estimée du Vème ou VIème siècle. Les fonts baptismaux d'immersion, système qu'on avait cessé d'utiliser en Espagne depuis le VIème siècle, rappellent ceux qui se trouvent dans les églises des Vème et VIème siècles dans la péninsule, tels que San Pedro de Alcántara à Málaga (VIème siècle), Idanha a Velha au Portugal (VIème siècle) ou Aljezares, et dans certaines basiliques des Baléares, bien qu'à Santianes ils soient moins profonds et que n'existent pas, comme dans les autres, les sept marches tel que le décrit San Isidoro, trois pour en descendre, la marche centrale et trois pour y monter. |
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Le type de sol trouvé, de claire ascendance romaine ou paléochrétienne, non utilisé dans le reste de l'architecture asturienne connue. Toute la décoration trouvée, aussi bien dans l'église au XIXème siècle que dans les fouilles postérieures, qui forme, sans aucun doute, un ensemble de type visigoth. Les vestiges de la nef centrale, qui selon toute apparence Tous les autres vestiges que nous y trouvons, comme le chevet et le transept actuels, la façade occidentale et sa tribune et tous les levés de l'église, y compris sa toiture actuelle, sont des reconstructions postérieures, qui peuvent nous sembler plus ou moins réussies mais dont la structure d'origine n'est pas garantie. Ils ne nous offrent donc pas une information fiable sur leur état initial et peuvent peut-être nous en donner une vision déformée. Tout ceci amène à considérer Santianes de Pravia comme un maillon fondamental lors de l'analyse des origines de l'art asturien, sur lequel on a tant spéculé. Il est donc très important de tenir autant compte de l'époque de sa construction, quelques années après la montée sur le trône de Charlemagne (711) et bien avant Si nous partons de ce principe et tenons compte que, comme nous l'avons vu, grande quantité des vestiges qui se conservent de la construction initiale ont de clairs antécédents dans les monuments de différentes phases de l'art espagnol antérieur, nous arrivons à la conclusion que nous nous trouvons face à un édifice qui est le résultat de la fusion de multiples éléments hétérogènes: Nous y trouvons mêlés un plan qui rappelle les structures des basiliques de genre paléochrétien, avec un chevet semicirculaire surhaussé, trois nefs au toit plat, un portique et un baptistère d' accès indépendant de l'extérieur, avec des éléments si différents tels que les arcs en plein cintre, en brique sur des piliers, semblables à ceux qui furent utilisés dans l'architecture romaine, un transept de type visigoth, la décoration, aussi de type visigoth, qui a pu être réutilisée ou développée pour l'église selon des techniques et des styles qui survivent encore, ou l'utilisation du portique en tant que mausolée royal. Tout ceci nous amène à |
| considérer Santianes de Pravia comme un clair exemple de la théorie que nous avons émise dans l'introduction à cette étude, à savoir que la caractéristique fondamentale de tout l'Art Préroman Espagnol, sauf pendant les règnes d'Alfonso II et AlfonsoIII, est son eclectisme. En effet, cette église est clairement un antécédent de l'art asturien postérieur, mais elle a été construite avant que, du temps d'Alfonso II, se normalise le plan de ce genre d'édifices, ce qui explique qu'on ait utilisé, sans aucune norme préfixée, aussi bien dans sa structure que dans sa décoration, différents éléments qui existaient déjà antérieurement et qu'un seul, mais fondamental - les arcatures en plein cintre sur piliers carrés - se soit maintenu comme caractéristique fixe dans tout l'art asturien postérieur sauf pendant la période ramirense. De plus, dans ce cas, il serait intéressant d'envisager la possibilité que, ce que l'on considère une nouvelle construction du roi Silo, pourrait avoir été la reconstruction d'une basilique déja existante à l'époque paléochrétienne. En effet, bien que, dans cette assimilation de différents éléments architectoniques antérieurs que nous proposons pour Santianes, le genre de construction et le reste des caractéristiques commentées soient parfaitement acceptables dans un édifice de l'époque du roi Silo, la présence de fonts baptismaux d'immersion est impensable à la fin du VIIIème siècle. De plus si nous considérons que notre église se trouve dans ce qui avait été une ville d'origine romaine qui, comme Veranes, aurait été habitée jusqu'alors, et la structure de son plan, si semblable aux vestiges de Veranes, il serait logique de penser qu'il aurait pu y exister une basilique d'une époque antérieure sur laquelle on aurait construit l'édifice de Silo, conservant une grande partie de la forme du plan et les fonts baptismaux. Mais il nous semble qu'après tant de modifications au long de plusieurs siècles, il sera difficile d'arriver à une conclusion définitive sur ce thème et sur les levés originels de cette église
AUTRE INFORMATION D'INTÉRÊT Moyen d'accès: d'Oviedo, prendre la A-66 direction Gijón pendant 20km jusqu'à la A8/E70, continuer 28kms jusqu'à la AS16. Continuer 5,5km, à Pravia prendre la AS-224, à 1km se trouve la déviation à Santianes. Téléphone d'information: Office du tourisme, Tél: 985.852.200 Horaire des visites |