"Martyrium" à deux étages, sur une structure provenant du monde romain, où la partie inférieure était consacrée aux enterrements et la supérieure au culte. En Espagne, ce genre de construction existait déjà au moins depuis l'art paléochrétien car nous trouvons des structures du même genre dans le Mausolée de la Alberca à Murcia, Santa Eulalia de Bóveda à Lugo, bien que dans ce cas il ne s'agisse pas d' un
"martyrium", et la Cripta de San Antolín à Palencia, visigothe du VIIème siècle. Ce modèle atteindra sa plus grande expression, dans l'art hautmédiéval, avec le palais de Santa María del Naranco, construit aussi à Oviedo, environ 50 ans après la Chambre Sainte.
Bien que les chroniques de l'époque n'y fasse allusion qu'à partir de celle de Silos, au début du XIIème siècle, aussi bien sa structure que son genre de construction, à base de petites pierres de taille, tels que ceux de la tour de San Miguel à laquelle elle est adossée, situent sa construction pendant le règne d'Alfonso II el Casto, au début du IXème siècle, probablement en tant que chapelle palatine. Le étage supérieur fut modifié au XIIème siècle, oú la hauteur de la nef fut augmentée, remplaçant la toiture plane originelle par une voûte en berceau, supportée par des arcs doubleaux s'appuyant sur six doubles colonnes, décorées avec les Apôtres, Le étage inférieur, consacré à Sainte Léocadie dont les restes, avec ceux de Sainte Eulogia, furent apportés de Cordoue par Alfonso III, représente une nef rectangulaire de 10m de long sur 3m de large, couverte d'une voûte de briques en berceau de 2,60 de hauteur qui, comme dans la Crypte de San Antolìn, Le étage supérieur consacré à San Miguel, comme il était habituel dans ce genre d'édifice, dispose d'une nef et d'une abside. Il reste très peu de la nef originelle car, comme nous l'avons déjà commenté, elle fut modifiée au XIIème siècle. Nous savons qu'elle était plus haute que l'abside et qu'elle était recouverte d' une toiture plane en bois. Cependant, le presbytère originel a été conservé ainsi que son arc triomphal, appuyé sur des semi-colonnes adossées a une pilastre, avec des chapiteaux d'influence byzantine peut-être d'une époque antérieure et réutilisés. Cet arc
| |||||
|
donne naissance à la voûte de briques en berceau qui couvre le chevet, partant d'une imposte prolongée tout au long des murs latéraux. À l'intérieur sont conservées les reliques offertes par les rois Asturiens à la Cathédrale de San Salvador, disparue de nos jours étant donné que l'actuelle cathédrale gothique fut, malheureusement, construite sur elle au XIVème siècle. Il s'agit d' un des ensembles d'orfèvrerie les plus significatifs qui se conservent du haut moyen-âge , et qui inclut des pièces aussi importantes que la Croix des Anges (Cruz de los Angeles) (808), la Croix de la Victoire (Cruz de la Victoria) qu'Alfonso III commanda au château de Gauzon pour la Cathédrale d'Oviedo en 908, ou la Boîte des Agathes (Caja de las Agatas) offerte à la Cathédrale par Fruela II en 910. On suppose que cet édifice, d'après la reconstruction de l'ensemble palatin proposé par V. Hevia après les excavations, était adossé à la tour qui occupait l'extrême
| |||||